Family & Corrections Network

     

The Fourth North American Conference on the Family & Corrections

Table of Contents

 

October 10-12, 1993 Quebec City, Quebec, Canada

 

L’IMPACT CULTUREL SUR LA FAMILLE DU PRISONNIER (UN RESUME DE L'ATELIER)

Cultural Issues Impacting the Prisoner Family (A Resume)

Marcel Kabundi, LL.L., M.Sc.crim.

Conseiller special sur le multiculturalisme, Service correctionnel du Canada, Ottawa, ON, K1A 0P9, (613) 996-9744

The view of the family is not the same all over. Because of this, the relationship between men and women can sometimes be unequal. The same applies to the relationships between adults and minors, and so on. This inequality is justified by different factors including cultural ones which draw their justification, more or less openly, from their belief systems. Depending on the culture and region, many forms of family and marriage exist, including the following types: nuclear, large, extended, global, single parent, blended, adopted, etc. As far as marriage is concerned, there exists marriage by choice, monogamy, polygamy...

It is important to study the place of the family in the justice system because to belong to a family is more than having a father and a mother. It is to be able to benefit from a wide support network that includes tenderness and understanding which are necessary to complete and balance out that which a child has received from his/her parents. The family is the source of fulfillment, of pride and of identity for individuals. It is within the family that one learns social values and that one opens oneself to the surrounding community. It is for this reason that the family is an unavoidable partner with the correctional system. In fact, one cannot talk about rehabilitation without alluding to the social group to which the offender belongs as well as to his/her family to which he/she will return some day.

Among the difficulties encountered by the families of inmates who belong to ethno cultural minorities are the following, to name a few:

the foreign nature of the correctional system

inter cultural conflicts

communication problems

isolation and

the mistrust of correctional personnel.

Dans les pages qui suivent, nous allons vous presenter les resultats de nos discussions dans l'atelier consacre a l'impact culturel sur la famille du prisonnier. Mais, avant d'en arriver la, il est important que nous puissions situer le theme de l'atelier par rapport a la politique canadienne sur le multiculturalisme ainsi que sur l'urgence qu'il y a a faire de ces questions multiculturelles, une preoccupation constante du Service correctionnel du Canada. Comme nous allons le constater, les prisons deviennent davantage multiculturelles et appellent une intervention, egalement diversifiee et culturellement sensible.

En effet, la Constitution du Canada dispose dans, ses articles 15 et 27, que la loi ne fait acception de personne et qu'elle s'applique egalement a tous, que tous ont droit a la meme protection et au benefice de la loi, independamment de toute discrimination, que chacun a la liberte de conscience, de religion, de pensee, de croyance, d'opinion, d'expression, de reunion pacifique et d'association, et qu'elle garantit egalement aux personnes des deux sexes ce droit et ces libertes; elle reconnait l'importance de maintenir et de valoriser le patrimoine multiculturel des Canadiens.

En outre le Canada est partie, d'une part, a la Convention internationale sur l'elimination de toutes les formes de discrimination raciale, laquelle reconnait que tous les hommes sont egaux devant la loi et ont droit a une egale protection de la loi contre toute discrimination et contre toute incitation a la discrimination et, d'autre part, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, lequel dispose que les personnes appartenant a une minorite ethnique, religieuse ou linguistique ne peuvent etre privees du droit d'avoir leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d'employer leur propre langue.

Le gouvernement federal reconnait que la diversite de la population canadienne sur les plans de la race, de la nationalite d'origine, de l'origine ethnique, de la couleur et de la religion constitue une caracteristique fondamentale de la societe canadienne et qu'il est voue a une politique du multiculturalisme destinee a preserver et valoriser le patrimoine multiculturel des Canadiens tout en s'employant a realiser l'egalite de tous les Canadiens dans les secteurs economique, social, culturel et politique de la vie canadienne. Dans cette perspective, la Loi sur le multiculturalisme canadien enonce, dans son article 3, dix grands objectifs relatifs à la societe canadienne et oblige les institutions federales a appliquer la politique canadienne du multiculturalisme tant au niveau de leurs activites internes que de leurs relations avec le public. Les obligations du SCC, en tant qu'organisme federal, consistent notamment a appliquer des pratiques equitables en matiere d'emploi et a promouvoir des politiques, des programmes et des strategies de communication qui tiennent compte de la realite multiculturelle tant au niveau des delinquants que du personnel.

Afin de prouver son engagement a l'egard a la fois de sa Mission ainsi que de la Loi sur le multiculturalisme, le SCC doit demontrer par ses actions qu'il est resolu a realiser ses objectifs et a respecter ses engagements vis-a-vis de la politique du multiculturalisme.

Il faudra reconnaitre que le changement survenu dans la composition de la population canadienne par suite de l'augmentation du nombre d'immigrants venus ces dernieres annees de pays autres qu'europeens se reflete dans la population des delinquants. Ainsi, par exemple, le taux de delinquants d'origine asiatique et noire a augmente de plus de 35 p.100 entre 1984 et 1989. Quelque 1500 delinquants de la population carcerale federale actuelle sont nes a l'etranger. Plus de 20 p. 100 d'entre eux ne sont pas canadiens ou n'ont pas le statut d'immigrant recu. Le nombre de delinquants autochtones ou appartenant a des groupes ethniques admis dans des penitenciers relevant du federal est passe respectivement de 1279 et 394 en 1990-1991 a 1336 et 473 en 1991-1992. Bien que l'immigration n'implique pas accroissement du taux de criminalite, il faudra noter que nous assistons a une nouvelle forme de criminalite. Il s'agit de delits du genre crime organise qui peuvent denoter des structures sociales analogues entre les immigrants. La diversite ethnoculturelle etant complexe, la problematique de la criminalite des minorites visibles l'est aussi et necessite des programmes et des repas speciaux ainsi que des actions adaptees pour repondre aux besoins des detenus et de leurs familles.

Au sujet des delinquants appartenant aux minorites visibles, le SCC n'a, pour le moment, qu'une connaissance tres superficielle et partielle de leurs besoins en matiere de programmes et services. Bien plus, les donnees statistiques disponibles sur leur profil sont peu fiables. D'autre part, il n'existe point d'orientation claire et precise ni de prise de position officielle en matiere de relations interraciales et interculturelles. Il est vrai, par contre, que l'enonce de Mission du SCC traite, en termes generaux et vagues, a certains points, du respect des differences religieuses, sociales et ethniques. Il est vrai que la Charte canadienne des droits et libertes interdit toute forme de discrimination. Tout cela est bien beau, mais, peu suffisant car pour exiger le respect des differentes cultures, il faudra les connaitre. Il existe plusieurs façons d'apprendre et de connaitre ces differentes cultures. Parmi celles-ci, il faudra souligner les conferences, les reunions, les sessions de sensibilisation, les cours de formation, etc.

Voila pourquoi, dans le cadre de la quatrieme conference nord-americaine sur la Famille et le systeme correctionnel un des ateliers a porte sur l'impact culturel sur la famille des prisonniers. Plusieurs participants dont la plupart venaient de milieux ethnoculturels ont suffisamment echange sur l'effet du systeme carceral sur la culture les familles des prisonniers appartenant aux groupes ethnoculturels minoritaires.

Il faudra avant de faire etat de differentes questions soulevees et propositions suggerees par les participants, s'entendre sur le sens que l'on donne aux termes suivants: groupe ethnique, culture et famille.

Groupe ethnique

La population du Canada est composee des peuples autochtones ou Premieres nations qui sont les Amerindiens, les Inuits et les Metis, des descendants des premiers immigrants et colons francais et britanniques. Selon les historiens, un interprete de race noire du nom de Matthew da Costa qui avait appris la langue micmac, fit partie du troisieme voyage de Samuel de Champlain en 1606. Aujourd'hui, les immigrants viennent de plus de deux cents pays et representent un nombre varie de groupes ethniques. Comme nous l'avons souligne ci-haut, cette diversite ethnoculturelle est egalement presente dans nos penitenciers. Cela dit, un groupe ethnique est, selon la definition de R.A. Schermerhorn, cite par Carmelle Begin, conservateur en chef au Musee canadien des civilisations:

"a collectivity within a larger society having real or putative common ancestry, memories of a shared historical past, and a cultural focus on one or more symbolic elements of their peoplehood".

Comme l'ecrit Begin, l'ethnicite est un phenomene socioculturel dynamique, lie a l'interaction des groupes migratoires et de la societe d'accueil.

Culture

En ce qui concerne la definition de la culture, nous allons emprunter celle donnee par Elliott Caggins qui definit la culture de la maniere suivante:

"culture is a distinctly human capacity for adapting to circumstances and transmitting this coping skill and knowledge to future generations. Culture gives people a sense of who they are, of belonging, of how they should behave, and of what they should be doing. Cultures include problem solving tools for daily coping in a particular environment. Culture provides people with a sense of identity through its characteristics, such as its values and norms, beliefs and attitudes, relationships, communication and language, sense of self and space, appearance and dress, work habits and practices, and food and eating habits." (E. Caggins (1993): Multiculturalism in Corrections: Perceptions and Awareness in American Correctional Association (ed): Understanding Cultural Diversity, Fredericksburg,Va: BookCrafters, p.2).

En effet, ce sont les valeurs, les normes, les croyances et attitudes ainsi que les autres caracteristiques contenues dans la definition de la culture ci-dessus qui expliquent la difference au niveau de l'impact de l'incarceration sur les familles des detenus appartenant aux groupes culturels minoritaires. Il est important de savoir ces differences si nous voulons intervenir avec efficience et efficacite aupres de ces detenus.

Famille

Au sujet de structures familiales dans le monde arabo-islamique, par exemple, Marie-Blanche Tahon, ecrit ceci: "quelle que soit la region du monde concernee et quelle que soit la religion dominante dans cette region, les structures familiales reglent avant tout la transmission du nom et des biens entre generations (parents et enfants). Les structures familiales reglent aussi la division du travail entre les conjoints. Cette division peut etre assortie de restrictions civiles: jusqu'a recemment, en Occident, l'autorite civile sur les enfants etait seulement paternelle et la femme mariee etait largement assimilee a ses enfants (elle ne pouvait pas, par exemple signer un contrat commercial sans autorisation de son mari). L'amour entre conjoints - qui peut s'exprimer par le choix reciproque des partenaires du couple - n'entre dans le mariage que par surplus.

La conception de la famille n'est pas partout la meme . C'est ainsi que les rapports sociaux entre l'homme et la femme peuvent etre parfois inegalitaires. Il en est de meme au niveau des rapports sociaux entre les adultes et les mineurs, etc. Cette inegalite est justifiee par divers facteurs tels que les facteurs culturels lesquels puisent leurs justifications plus ou moins ouvertement dans le systeme de croyances. Il existe, selon les cultures et les regions, plusieurs formes de famille et de mariage. C'est ainsi qu'on a des familles de type nucleaire, large, etendu, global, reconstitue, monoparental, adoptif, etc.. En ce qui concerne le mariage, on a le mariage preferentiel, le mariage monogamique, polygynique, etc.. Compte tenu de l'objet de notre sujet, nous n'allons pas entrer dans les details.

Il est important d'etudier la place de la famille dans le systeme de justice car faire partie de d'une famille, ce n'est pas seulement avoir un pere et une mere, c'est beneficier de tout un reseau d'aide, de tendresse et de comprehension qui viennent completer et equilibrer ce qu'un enfant a recu de ses parents. La famille est source d'epanouissement, de fierte et d'identification de tout individu. C'est d'ailleurs dans la famille que l'on apprend leurs valeurs sociales et que l'on s'ouvre au monde ambiant. C'est pourquoi la famille est un partenaire incontournable du systeme correctionnel. En effet, on ne peut pas parler de re socialisation sans faire allusion au groupe social auquel appartient le delinquant ni a sa famille vers laquelle il retournera un jour.

Voyons a present les commentaires des participants sur les consequences de l'incarceration sur la famille du prisonnier.

Inaccessibilite du systeme correctionnel

La premiere difficulte invoquee par les participants touche l'inaccessibilite du systeme correctionnel. Cette inaccessibilite est due au fait que les immigrants ignorent le systeme juridique canadien. En arrivant ici, ils ne sont pas suffisamment mis au courant des lois et du fonctionnement de differentes institutions canadiennes. D'autre part, les participants ont souligne l'absence presque totale des representants de groupes ethniques au sein du systeme correctionnel. Cette absence s'observe egalement au niveau des "comites aviseurs des citoyens." Ces comites, composes des citoyens (membres) de la communaute avoisinant les prisons ou les bureaux de liberation conditionnel assistent les directeurs et presentent les points de vue de la communaute. Actuellement, ces différents comites sont composes, presque partout, de seuls membres du groupe dominant et en l'occurrence de race blanche. Ce qui contraste avec la situation de ces memes penitenciers ou la population est de plus en plus culturellement et ethniquement diversifiee. En outre, l'image des membres des communautes ethniques est distorsionnee par les medias qui ne presentent que le mauvais cote de leurs actions. Tout cela eloigne les familles du systeme correctionnel. En outre, il faudra noter que les membres des groupes ethniques minoritaires gardent, a cause de cette ignorance, une perception erronee du systeme correctionnel canadien qu'ils assimilent facilement au systeme de leurs pays d'origine. Or, en parlant de systeme correctionnel dans les pays du tiers-monde, il est comprehensible que les immigrants aient peur d'approcher les services correctionnels ou de chercher a se renseigner. Ils ont peur. Ils croient qu'ils pourront etre arretes et detenus, ce qui n'est pas du tout le cas. Tout cela, parce que ces familles ont fui, pour la plupart, les regimes dictatoriaux de leurs pays d'origine.

Comme consequence de cette inaccessibilite, les contacts et les visites entre les familles et les detenus d'origine ethnoculturelle minoritaire seront difficiles, rares et parfois inexistants.

Dans le cas ou les familles ont quand meme acces au service correctionnel, il y a lieu de soulever un autre probleme, celui de la distance. Les penitenciers se trouvent loin des zones habitees, a l'exception de certains penitenciers situes a proximite des villes. Le transport et la complexite du monde carceral rendent les contacts avec les detenus tres irreguliers, si pas rares. En consequence, les parents souffrent de cette separation car dans ces milieux les enfants restent dans leurs familles jusqu'a ce qu'ils soient maries. Et meme maries, ils gardent des liens solides avec leurs familles. Dans ces familles, un enfant demeure enfant par rapport a ses parents car , comme le dit un proverbe africain, un cou ne depassera jamais la tete. Le respect que l'on doit aux aines et en particulier a ses parents est quelque chose de sacre et d'indiscutable. Vis-a-vis des enfants, les parents sont juges par la famille large selon l'education donnee a ces derniers car, comme le dit un autre proverbe africain, on juge un arbre fruitier par ses fruits.

Communication

Une autre difficulte qui surgit lorsque les familles

des detenus entrent en contact avec les services correctionnels est relative aux problemes de communication. Les langues officielles au Canada etant le francais et l'anglais, il est aise de comprendre que les personnes parlant espagnol, chinois, etc. auront des problemes de communication avec le personnel correctionnel. En outre, le langage technique utilise par les services correctionnels rend encore toute communication incomprehensible et produit un double message. Or, la communication est essentielle dans tout echange avec les familles des detenus. Une mere qui a toujours parle a la maison, par exemple, l'espagnol, l'italien, le creole ou l'arabe va se sentir totalement genee de telephoner a la prison pour demander des nouvelles de son fils ou de sa fille. La situation se complique si le pere ou la mere est analphabete. Et meme si elle le faisait, elle ne pourrait pas communiquer tout ce qu'elle a sur le coeur. Cette situation cree de la frustration et pousse les gens a eviter toute communication avec le systeme correctionnel. D'ou l'importance d'avoir des interpretes et des traducteurs.

Conflits culturels

La vie sociale est regie par la culture. En acceptant d'emigrer ou en etant force, selon les circonstances, a quitter leurs pays, les immigrants n'abandonnent pas leur culture ni leur religion. Ils vont continuer a s'y referer pour la solution de differents problemes. Or, en agissant ainsi, ils peuvent entrer en conflit avec la culture de la societe d'accueil. Pour les immigrants de la premiere generation qui demeurent rattaches a leur culture, le systeme correctionnel occidental ignore les rapports sociaux entre hommes et femmes, entre parents et leurs enfants, bref, est insensible a leur culture. Certaines situations considerees comme delinquantielles ici en Occident ne le sont pas sous d'autres horizons. L'inverse aussi. Alors il se produit un conflit culturel entre les parents et la societe d'accueil. Ce conflit culturel se produit egalement entre les parents et leurs enfants. Ces derniers ayant epouse, plus ou moins, les valeurs et les normes de la societe ou du pays ou ils vivent, se trouvent a couteaux tires avec leurs parents demeures rattaches aux traditions de leurs pays d'origine. Les enfants se trouvent ainsi entre deux mondes culturels tout aussi valables l'un que l'autre. Cette situation devient dramatique lorsque les parents, en vertu de leur culture d'origine, considerent que le comportement de leur enfant comme un acte de defi a l'egard des principes culturels qu'ils considerent comme sacro-saints. Et cela, meme si aux yeux de la societee d'accueil, ce comportement n'est pas une infraction. Ce conflit culturel peut briser des familles unies. D'ou, le sentiment de mefiance de la part des familles ethnoculturelles a l' egard du systeme correctionnel en particulier et le systeme penal en general. La solution adoptee dans ce cas est l'eloignement que l'on prend lorsqu'on traite avec les agents penaux auxquels appartiennent, bien entendu, les agents correctionnels. C'est pourquoi, il faut des cours de formation interculturelle pour les agents des services correctionnels et des sessions de sensibilisation au systeme correctionnel pour les familles des immigrants ou appartenant aux groupes ethnoculturels minoritaires.

Mefiance, honte et isolement

L'incarceration d'un individu appartenant a une culture qui valorise le groupe et met l'accent sur la hierarchisation des relations sociales entraene, pour les parents, des sentiments d'echec en matiere d'education d'une part et les sentiments de trahison a l'egard du groupe auquel ils appartiennent d'autre part. En consequence, on s'isole et on evite de parler de l'incarceration d'un membre de la famille aux amis venant d'un meme pays, par honte. L'incarceration jette un discredit sur toute la famille. La situation devient tres difficile lorsque la famille est en attente d'un statut de refugie ou d'une acceptation pour etre immigrant permanent au Canada. Ainsi donc, l'incarceration marginalise a la fois le prisonnier et sa famille. C'est pour eviter de faire souffrir leurs familles que les prisonniers de ces groupes refusent de donner l'adresse exacte de leurs parentes afin de ne pas perdre honneur et fierte. Or l'honneur est une valeur fondamentale sur laquelle on ne transige point.

Les consequences de l'incarceration d'un parent sont dramatiques sur les enfants. Ces derniers font l'objet de risee et de rejet de la part de leurs camarades. Ils sont traites de tous les noms a l'ecole.

La femme dont le mari est incarcere vit egalement une situation tres difficile. N'ayant pas de ressources financieres et dependant pratiquement de son mari, elle n'est pas en mesure de s'acquitter de ses responsabilites familiales. Souvent, la famille du mari la considere responsable et lui attribue toute la responsabilite de ce qui est arrivee a son mari. En outre, si par hasard, elle ne parle ni francais ni anglais pour mieux se debrouiller, la vie devient doublement insupportable et en consequence, elle va s'enfermer et s'isoler completement du reste du monde.

Enfin, ces familles souffrent parfois de prejuges raciaux, culturels et font de temps a autre l'objet de mefiance, de discrimination de la part des agents du systeme correctionnel. Ce traitement leur fait prendre conscience qu'elles sont minoritaires, etrangeres et impuissantes.

CONCLUSION

L'atelier sur l'impact culturel sur la famille du prisonnier nous a permis de comprendre l'importance et l'urgence qu'il y a pour les services correctionnels a s'adapter a la population qu'ils desservent. Cela se traduit par la presence et l'embauche des membres des communautes ethnoculturelles minoritaires afin de creer les sentiments et climat de confiance d'une part et de respecter les principes d'equite et de justice en matiere d'emploi et par l'introduction des cours de sensibilisation interculturelle.

Les services correctionnels devraient instituer des services de liaison entre les familles et les detenus. Il serait, en outre, souhaitable que les comites aviseurs des citoyens puissent etre representatifs de la population desservie. Les travailleurs sociaux parmi lesquels devraient se trouver les membres des communautes ethniques, devraient jouer un role actif en aidant et en assistant les familles des detenus d'origine ethnoculturelle minoritaire.

La famille est tellement importante qu'il faut qu'elle demeure un partenaire du systeme pénal dans son travail de resocialisation des delinquants, et ce, dans le respect des valeurs culturelles positives.

REFERENCES:

1. C. Begin (1993): Etudes sur la culture, Hull: Musee canadien des civilisations., discours prononce devant la Societe libanaise de musicologie (non publie).

2. American Correctional Association (1993): Understanding Cultural Diversity, USA: Book Crafters

3. Elliott, J.L.; Fleras, (1992.): An Introduction to Race and Ethnic Dynamics in Canada. Scarborough:

Prentice-Hall Canada inc.

4. Loi sur le multiculturalisme canadien

5. Le Courrier de l'UNESCO:, juin 1993

6. Li, Peter S.(ed.) 1990 Race and Ethnic relations in Canada. Toronto: Oxford.

7. M.B. Tahon;(1993): Structures familiales dans le monde arabo-islamique in Regards sur les Arabes, Montreal: Centre d'etudes arabes pour le developpement.

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